DeAndre Levy l’avoue lui-même: il a été jeune et con, ignorant sur ce que signifie le consentement sexuel, gêné de prendre position contre les actes répréhensibles des autres jeunes cons. Mais il a appris depuis et trouve qu’il est à peu près temps que les mentalités changent. Pour de bon.

Le secondeur des Lions de Detroit, maintenant âgé de 29 ans, a produit un article extrêmement bien écrit et sans équivoque pour le site The Player’s Tribune, un genre de «mic drop» sur le consentement.

Il se rappelle ses jeunes années à l’université, lorsqu’il était resté silencieux quand des amis lui ont raconté avoir eu des relations sexuelles avec une fille complètement ivre, les uns à la suite des autres.

Dans les dernières années, les histoires de violences conjugales et d’agressions sexuelles ont fait la manchette un nombre incroyable de fois parmi les joueurs de la NFL, alors la ligue a décidé d’offrir un séminaire sur la question à tous ses joueurs.

Et ce que Levy nous explique, c’est que les questions que les joueurs avaient sont caractéristiques aux lacunes immenses qui demeurent dans la société: mais si la fille était trop saoule? Si elle n’a pas clairement dit non? Si elle était habillée sexy? Si elle était reconnue pour avoir de nombreux partenaires sexuels?

«That’s bullshit», écrit-il. «It’s irrelevant». Encore une fois, on apprend aux femmes à être prudentes, mais pas aux hommes à prendre leurs responsabilités. Ce n’est pas compliqué: elle doit avoir clairement accepté l’acte sexuel proposé et avoir été en mesure de le faire. C’est aussi simple que ça.

«Le consentement, c’est n’est pas d’être nue, ce n’est pas d’embrasser, ce n’est pas de toucher ou de flirter. C’est un oui donné librement et clairement, ce qui est différent de l’absence d’un non.»

Levy énumère quelques statistiques qui démontrent clairement que la plupart des victimes d’agressions sexuelles ne dénoncent jamais leur agresseur. Alors il est fort possible, rappelle-t-il, qu’une femme dans votre entourage, quelqu’un que vous aimez, genre votre mère ou votre soeur, peut-être même votre blonde, ait déjà subi un viol. Et même si elle a dénoncé son agresseur, il est également très possible que celui-ci n’ait jamais été puni.

Tout ce que DeAndre Levy relate dans son texte est une évidence. Mais ça ne fait pas encore partie de la culture populaire et ça commence à bien faire.

Qu’un athlète professionnel, qui oeuvre d’ailleurs dans une des ligues les plus irresponsables par rapport aux actes criminels des joueurs, prenne ainsi la parole, ça ne changera pas le monde

Mais peut-être que ça peut faire allumer une couple de ‘bros. C’est pas rien.

C’est vraiment à lire: Man Up, de DeAndre Levy, sur The Player’s Tribune.

NDLR: DeAndre Levy, c’est un peu l’objecteur de conscience de la NFL, en passant. Il s’est également attaqué au peu d’importance donné par la ligue aux blessures à la tête et aux graves séquelles que vivent les joueurs.



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