Dans le monde de la lutte, il ne faut jamais croire un lutteur qui annonce sa retraite dans le ring. C’est le propre du divertissement sportif où les émotions sont utilisées pour transporter les récits. On utilise la possibilité de la perte permanente d’un lutteur bien-aimé pour investir l’auditoire dans le déroulement d’une rivalité.

Tous les grands ont joué cette carte, à plusieurs reprises dans certains cas.

Mais quand on pense à Mark Calaway, ou The Undertaker comme vous le connaissez depuis 1990 à la WWE, tout est un peu différent et l’annonce de son retrait du ring ne fait pas exception.

La dernière danse de l’Undertaker

Depuis quelques semaines, la WWE diffuse sur sa chaîne The Last Ride, un documentaire sur la vie et la carrière de l’Undertaker. Cette rare incursion derrière le personnage survient quelques semaines après un triomphe contre A.J. Styles lors d’une expérience résolument différente pour contourner les contraintes du confinement durant la présentation de Wrestlemania 36.

Ce combat, plus près du court-métrage d’action que du combat de lutte traditionnel, sera peut-être l’ultime d’une carrière légendaire si on croit les mots de Calaway lui-même lors du dernier épisode de la série documentaire.

« This time the cowboy really rides away. »

Dans l’épisode, c’est un Mark Calaway calme et posé qui nous souligne qu’il n’a plus rien à accomplir entre les câbles et qu’il était désormais en paix avec le fait de ne plus lutter après une carrière de plus de trente ans. À 55 ans, Calaway était déjà une présence à temps partiel depuis plusieurs années et chaque retour hypothéquait un peu plus son bien-être physique et sa santé à long terme.

Il ne faut jamais dire jamais, il est le premier à l’admettre, et on ne sait pas si la tentation de revenir ne sera pas trop forte dans quelques mois ou quelques années. On sait aussi que sa relation très étroite avec Vince McMahon pourrait provoquer une situation où le propriétaire de la WWE tente de relancer une soirée avec le retour surprise de son vieil ami.

Mais pour l’instant, selon les dires de l’homme lui-même, les coups de gong ne résonneront plus dans un ring de la WWE. C’était d’ailleurs à prévoir puisque depuis 1990, Mark Calaway a rarement accordé des entrevues sans camper son personnage. Étant de la vieille école, il préservait l’illusion qu’il était l’homme d’outre-tombe même à l’extérieur du ring et il levait rarement le voile sur la vie derrière. Malgré des changements à son personnage, l’homme demeurait discret pour le grand public.

Dans la foulée de la série documentaire, il était aussi invité à plusieurs podcast et il a dévoilé des secrets de sa carrière en plus d’offrir un regard privilégié sur certains événements historiques comme le Montreal Screwjob, par exemple.

En baissant ses gardes ainsi, Calaway envoyait le message clair qu’il amorçait le prochain chapitre de sa vie où l’homme pouvait reprendre le centre de son être avec le retrait de son imposant personnage.

Le mythe de l’Undertaker

Ce n’était pourtant pas dans les livres d’être un personnage plus grand que nature dans le monde du divertissement sportif.

À la fin des années 80, l’imposant texan d’origine était un athlète impressionnant et un espoir intrigant dans le monde de la lutte. Il s’est d’abord mouillé les pieds à la WCW avant d’aboutir avec la WWE avec ce personnage flou qui deviendra sa marque de commerce avec le temps.

L’Undertaker de 1990 n’est pas le même que celui qui a soulevé de nombreux championnats mondiaux. Il n’est pas non plus le même qui a rivalisé avec son frère fictif, Kane, en plus de livrer des batailles légendaires à Wrestlemania avec des icônes de la WWE comme Shawn Michaels et Triple H. En fait, l’Undertaker de 1990 semblait plutôt être une idée improvisée pour éventuellement fournir un méchant crédible à Hulk Hogan.

Un croque-mort, ce n’est pas tant une image forte.

Mais le talent naturel de Calaway et l’incroyable réception du public ont fait du personnage un mythe très persistant à la WWE.

Un mythe si fort que les championnats étaient souvent facultatifs. En tout, il a détenu sept fois les championnats mondiaux de l’organisation en plus d’être champion par équipe à sept occasions. Contrairement à plusieurs autres, il n’a pas fait la progression avec les autres championnats de la WWE. Il a toujours reçu un traitement différent en raison de son aura et de ses talents singuliers.

Avec le temps, il est devenu le cœur de l’organisation, le point de référence et le meneur dans les vestiaires pour les autres lutteurs.

Maintenant, les amateurs doivent envisager un monde sans l’Undertaker. C’est étrange, mais c’était aussi inévitable.

N’oubliez pas par contre, Il ne faut jamais dire jamais…



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