Brock Lesnar, le champion de Vince McMahon

Il y a 11 ans, j’étais avec une nouvelle blonde que j’essayais d’initier à la lutte. Après quelques mois de bonne foi, elle a abandonné en me disant: « C’est toujours la même affaire, c’est toujours Randy Orton contre John Cena et John Cena gagne toujours ».

Ensuite, John Cena a battu Nexus et on s’est éhontément fait mentir en se faisant dire que John Cena contre The Rock était un Once In A Lifetime.

Dans les mois qui suivaient, John Cena gagnait le Royal Rumble, le Money In The Bank et son match à Wrestlemania.

Par la suite, la Vince McMahon nous a poussé Roman Reigns en refusant de faire évoluer son personnage. Malgré de bons moments, on sort d’une décennie somme toute difficile pour la WWE. Après tout, la rivalité ennuyante entre Brock Lesnar et Roman Reigns a duré plus longtemps que toute l’Attitude Era.

Le bouton reset

Le problème majeur de la WWE, c’est son refus de changer. Depuis que Wade Barrett a renvoyé John Cena de la WWE, mais que ce dernier revenait sans cesse sur le ring, presque rien n’avance.

Il y a trois ans, Shane McMahon disait qu’il allait quitter la direction de Smackdown s’il perdait contre Undertaker à Wrestlemania et il n’a été renvoyé qu’au dernier Smackdown dans son match à échelle contre Kevin Owens. Reste à voir s’il ne retondit pas vendredi prochain.

Parlant de Smackdown, on se retrouve encore avec Luke Harper et Erick Rowan en équipe après sept années de Wyatt Family et de Bludgeon Brothers.

Et ça, c’est après nous avoir présenté le Draft ici à Montréal pour ensuite le contrecarrer avec une wildcard.

Et ne me partez pas sur les Bragging Rights où toutes les rivalités étaient mises sur pause pour que Rey Mysterio et Alberto Del Rio qui se haïssaient à mourir mettent leur rivalité de côté pour lutter en équipe contre l’équipe de Raw pour absolument aucune bonne raison!

Bien que je ne peux pas nier l’efficacité de Brock Lesnar sur le ring (quand ça lui tente de ne pas faire une série de suplex et de sacrer son camp), lui donner encore la ceinture pour ne la revoir que de temps en temps comme en 2014, il y a 5 ans, est extrêmement décevant.

Vince McMahon appuie plus souvent sur le bouton reset qu’une camgirl appuie sur record.

Un manque de respect

Ultimement, revenir toujours sur ses décisions est un manque de respect envers ses loyaux spectateurs. Mais la façon dont Brock Lesnar vient de squasher Kofi Kingston est une claque au visage supplémentaire.

Ne soyons pas dupe, rendu là, on le sait que c’est évident que la WWE va remettre la ceinture sur Lesnar comme on sait qu’on perd de l’argent en s’assoyant à une table de blackjack, sauf qu’une défaite en 9 secondes d’un champion est humiliante.

Parce que Kofi n’était pas un champion par intérim. Il est un des seuls champions noirs de l’histoire de la WWE dont la victoire à Wrestlemania fut une célébration internationale et dont l’importance n’est pas à être sous-estimée.

Son périple d’un homme au coeur de lion qui passe à travers des gauntlets matchs pour se qualifier mérite de se relever d’au moins un premier F5.

Et la série d’adversaires qu’il vient de traverser justifierait de kick out d’un deuxième F5. La meilleure situation aurait été un match à la Brock Lesnar contre Daniel Bryan de Survivor Series 2018.

Au final, une défaite en 5 minutes aurait été moins décevante qu’un match de champion qui dure le temps d’un GIF:

Mais non, Vince McMahon a encore décidé d’appuyer sur le bouton reset en redonnant la ceinture à Brock Lesnar tout en crachant sur son build up des derniers mois au passage comme si Kofi Kingston était encore le Jamaïcain de la low-cardd’il y a 11 ans.

Là, Vince McMahon ne comprend même pas ses propres symboles, ce qui n’est pas tant surprenant. Mais à force d’annuler ses propres histoires durant près d’une décennie, la WWE nous envoie un message clair: rien n’est important et tout est sans conséquence.

Une semaine mémorable

Ce dernier mercredi de lutte fut fantastique. Avec la AEW qui a proposé son premier Dynamite où ils ont ouvert en utilisant l’arbitre féminine Aubrey Edwards et en faisant prendre un bump à Brandi Rhodes, le message est clair: nous sommes différents de la WWE.

Rien n’est parfait du côté de la AEW, surtout pas pour un premier épisode, mais voir un style dissimilaire de produits est rafraîchissant.

NXT a contre-attaqué en ouvrant avec Adam Cole (BAY BAY) contre Matt Riddle et je peine encore à en revenir. Pas de promo de 20 minutes en commençant, pas d’histoire de General Manager à ne plus finir, que de la bonne lutte soutenue par des personnages clairs.

Raw de son côté a détourné son champion afin de le mettre dans une rivalité entre Ric Flair et Hulk Hogan. Oui, Ric Flair et Hulk Hogan.

Enfin des alternatives

Je sais que j’ai l’air d’un gros épais à dire qu’on se fait mentir dans une discipline arrangée, oups excusez moi, une discipline prédéterminée, mais lorsqu’on nous raconte une histoire fictive, c’est important d’être cohérent.

Imaginez votre frustration si vous lisiez un livre dans lequel il est écrit « ce qu’on vous a construit dans les quatre derniers chapitres, oubliez ça finalement, arrachez les pages, mangez-les et faites semblant que ce n’est jamais arrivé. »

Et c’est cette frustration qui m’habite post-premier-Smackdown sur Fox. J’ai l’impression d’être toujours coincé dans le Jour de la marmotte. Comme si je tournais toujours en rond en jouant toujours au même jeu de société et que j’aboutis trop souvent en prison.

Raw et Smackdown se Attitude Era-ise depuis quelque temps et sont en train de me perdre à vouloir revenir dans le passé alors que NXT et la AEW regardent vers le futur.

J’ai l’impression d’avoir fait le tour de ce qu’un vieux monsieur de 74 ans pense de ce qui est good for business.

Je trouve ça plate de me sentir ainsi, mais parlez-moi de compagnies qui essaient de mettre la main sur le brass ring des fans et non d’un septuagénaire. Je vais me concentrer sur les nouvelles émissions disponibles à la télévision qui essaient de vivre en 2019.

Je vous suggère d’en faire tout autant. Mieux encore, sortez voir de la lutte québécoise. Je prendrais n’importe quel match de l’excellent Channing Decker au lieu de courir la chance de revoir un autre 8 men tag match sans importance où personne ne brille particulièrement.



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