Johnny Manziel est un athlète qui polarise l’opinion. D’un côté, il y a ses admirateurs qui l’appellent Johnny Football à cause de son sens du spectacle, appliqué autant à ses prouesses sportives que lors de ses célébrations. De l’autre, il y a ses détracteurs qui pensent qu’il n’est pas fait pour le football professionnel et qui le trouvent arrogant. Dans tous les cas, ses adversaires aiment bien se payer sa tête en imitant son «Money sign».

Cela dit, cette attitude ne s’applique pas nécessairement à la vie de tous les jours. Je me suis donné comme mission de vivre une journée «à la Manziel» afin d’observer la réaction des gens.

La première chose que je fais en me levant le matin, c’est nourrir mon chat. En accomplissant la tâche, j’y vais de mon plus beau «Money Sign» qui laisse mon compagnon félin indifférent. Je me reprends deux minutes plus tard en sautant près de sa gamelle en criant «Boom Chakala !», ce qui a pour effet de le faire déguerpir.

En me rendant au boulot, j’aide une gentille vieille dame à traverser la rue. Une fois ma b.a. accomplie, je me laisse aller à une danse lascive autour de sa marchette, geste qui sera très mal interprété. En sortant du motel une heure plus tard, je me console en me répétant que les fêtes approchent et que c’est le moment de l’année de donner sans regarder.

J’arrive donc en retard au travail. Mon patron veut me rencontrer, vraisemblablement pour me sermonner. J’encaisse ses réprimandes sans broncher, mais au moment où il m’indique de quitter son bureau pour retourner bosser, je sors un ballon de mon sac que je «spike» de toutes mes forces. Bien entendu, il rebondit en plein visage de mon patron.

Après avoir vidé mon bureau de mes effets personnels, je décide d’aller manger un morceau au fast-food du coin. J’engloutis 5-6 cheeseburgers et refais le «Money sign» pour provoquer un sans-abri tétant son café afin de pouvoir rester au chaud. Je regrette tout de suite ce que je viens de faire… Le type se lève et commence à toucher ce qui reste de mon repas de ses doigts crasseux.

Je tente de me défendre, mais deux de ses amis surgissent tels des vélociraptors et commencent à me rouer de coups sous le regard interloqué des autres clients.

Perclus, je décide de rentrer à la maison en maudissant ma conduite misérable. Je me dis que les athlètes sont décidément des êtres privilégiés, que tout ce qu’honni généralement la société leur est permis, voire encouragé. Je méprise leur prétention, l’étalage de leur fortune, leur détachement, leur manque d’autodérision. Je méprise, mais j’envie aussi.

En ouvrant la porte de mon appartement, une odeur infecte m’assaille. Cela me prend quelques secondes pour trouver le tas de crottes que mon chat a fait sur le tapis du salon. Il est là, juste à côté, léchant une patte de devant et me fixant d’un regard satisfait. Pendant un instant, on croirait voir Manziel…

Criss de chat.



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