Yanic Duplessis

Avec les grandes démonstrations de solidarité des ligues sportives dans la foulée du mouvement #BlackLiveMatter, on pourrait penser que le sport est soudainement devenu un milieu ouvert et conciliant aux différences et que l’intolérance s’éloigne de plus en plus dans le rétroviseur.

Mais il suffit d’effleurer le sujet de l’homosexualité pour se rappeler que, malheureusement, il y a encore énormément de chemin à faire.

La sortie courageuse de Yanic

La semaine dernière, Radio-Canada nous partageait l’inspirante histoire du jeune Yanic Duplessis, un espoir des Voltigeurs de Drummondville dans la LHJMQ qui a accepté de s’ouvrir sur son homosexualité et sur les difficultés qu’il rencontre au quotidien en conjuguant le tout avec sa carrière au hockey.

Le texte en entier vaut la peine d’être consulté pour comprendre les motivations derrière ce «coming-out» de Yanic.

« Le but de l’article est d’aider d’autres personnes, des jeunes ou même des adultes, qui sont en train de vivre la même chose que moi. »

Le journaliste Craig Eagles a publié cet article et il a fait la ronde des médias depuis.

Malheureusement, cette visibilité entraîne aussi des cotés plus sombres.

Duplessis et les commentaires intolérants

En allant de l’avant avec son homosexualité, Duplessis est conscient qu’il sera mentionné dans les vestiaires et dans les discussions.

Quand des gens lui mentionne son courage, c’est surtout sur cet aspect parce que vivre sa sexualité ne devrait pas être un acte de courage. Mais dans la société dans laquelle on vit, s’exposer aux moqueries et à la critique n’est pas une mince affaire et, malheureusement, le jeune homme doit composer avec ça alors qu’il tente de juste vivre sa vie.

Sur des sites de hockey ayant partagé la nouvelle, les commentaires étaient surtout positifs et encourageants. Mais quelques-uns sortaient malheureusement du lot.

Sans copier les commentaires, c’est quand même désolant de voir des gens prendre du temps dans leur journée pour insulter un jeune homme de 17 ans qui ne fait qu’avouer sa préférence sexuelle pour les hommes.

C’est important, aussi, de remettre une chose au clair. Un vestiaire de hockey ne devient pas un «terrain de chasse» pour un homosexuel puisqu’il est entouré d’hommes. Il y a une notion de base qui est rapidement écartée par certains et c’est la prémisse qu’on peut côtoyer des gens sans penser au sexe dans la vie. Dans toutes les sphères c’est valide, alors pourquoi ce serait différent au hockey et dans les vestiaires sportifs?

Un jour, on espère, des «coming-out» comme celui de Yanic ne seront plus essentiels. Mais d’ici là, il faut saluer le courage du jeune homme qui accepte de jouer les paratonnerres pour l’intolérance de certains avec l’espoir d’inspirer d’autres jeunes sportifs à faire comme lui et à ne plus se cacher dans un garde-robe social.



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